FIN DU PROGRAMME DE RÉPONSE AUX CAMPEMENTS ET AUX CRISES (PRCC) : OTTAWA FERME LES YEUX FACE À L’ITINÉRANCE
Photo prise lors de la Nuit des sans-abri à Saint-Jean-sur-Richelieu
Alors que les rigueurs de l’hiver frappent déjà de plein fouet les personnes en situation d’itinérance, le gouvernement fédéral choisit de s’en laver les mains et de se désister de ses responsabilités sur le dos du Québec et des provinces, coupant 25 millions d’aide au Québec avec la fin du PRCC, le 31 mars prochain. Christine Normandin, députée de Saint-Jean à la Chambre des communes et leader parlementaire du Bloc Québécois, dénonce l’attitude d’Ottawa qui retire son soutien au pire moment, alors que la crise de l’itinérance progresse dans toutes les régions.
« On constate une fois de plus que le gouvernement libéral est complètement déconnecté de notre réalité. Comment peuvent-ils ignorer l’ampleur de cette crise, alors qu’il y a de plus en plus de personnes en situation d’itinérance dans nos quartiers, que des campements de fortune s’érigent dans toutes nos municipalités et que des gens qui n’arrivent plus à payer un loyer viennent grossir les rangs de l’itinérance? », s’indigne Christine Normandin.
Dans le milieu communautaire, on sait d’ores et déjà que ce désengagement du fédéral aura de lourdes conséquences pour la clientèle, notamment l’aggravation de la précarité financière, physique et mentale, rupture du suivi psychosocial identifié à impact critique, diminution de l’accès aux services de base (hébergement, alimentation, hygiène) et hausse des situations de crise.
« Encore une fois, le fédéral fait des programmes ponctuels dans un dossier qui n’est pas le sien et les change constamment, ce qui déstructure l’aide des organismes. Essentiellement aujourd’hui, il abandonne le dossier et dit aux provinces « débrouillez-vous avec ça! », ça n’a aucun sens. Alors que tout le monde se mobilise face à l’itinérance, le fédéral les laisse tomber. La solution est bien simple : qu’Ottawa transfère une enveloppe pérennisée au Québec et aux provinces, qui sont bien connectés à la réalité de notre monde et à celle des réseaux communautaires », avise Christine Normandin.
« Dans toutes les régions, il y a des mesures de soutien efficaces mises en place par le milieu communautaire pour aider les personnes en situation d’itinérance. Ce dont les organismes ont besoin pour poursuivre leur mission essentielle, c’est de ressources financières et de prévisibilité pour assurer une continuité des services dont les effets positifs rayonnent sur l’ensemble des villes et villages. Plutôt que de laisser tomber ceux qui font bien le travail, qu’Ottawa veille plutôt à garantir la pérennité des sommes au Québec et aux provinces. C’est ça, agir de façon responsable face à la crise de l’itinérance », conclut Christine Normandin.